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IRAN: VAGUE DE RÉPRESSION APRÈS L’ACCORD SUR LE NUCLÉAIRE

khameneyiLe 19 novembre, le Festival de Cinéma de San Sebastián en Espagne (Zinemaldia) a pris la mesure inhabituelle de faire connaître publiquement par un communiqué sa condamnation d’une décision de justice, exprimant ainsi la solidarité de ses participants avec la personne condamnée. Il s’agit en l’occurrence du metteur en scène kurde d’Iran Kaiwan Karimi, âgé de 30 ans, qui avait participé il y a deux ans à une édition antérieure de ce festival avec son court-métrage Zan va shohar karegar (Les aventures du couple marié). Cette prise de position fait suite à la condamnation le 13 octobre dernier du jeune metteur en scène à six ans de prison et 223 coups de fouet par un juge de la 28e section du Tribunal révolutionnaire de Téhéran.

   «Le Festival de San Sebastián tient à exprimer son opposition catégorique à la condamnation décidée par le Tribunal révolutionnaire iranien à l’encontre du réalisateur kurde Keywan Karimi», se lit le communiqué.

   Né à Baneh, au Kurdistan d'Iran en 1985, Karimi a obtenu une licence de communication à la faculté de sciences sociales de l'université de Téhéran. Ses documentaires et films de fiction, plusieurs fois récompensés, comportent fréquemment une dimension touchant à la recherche sociologique, comme son documentaire de 18 mn Frontières brisées, réalisé en 2011, qui rapporte la vie de contrebandiers kurdes iraniens traversant la frontière entre Kurdistan d'Iran et d'Irak. On sait que la division politique et le manque de développement du Kurdistan donnent une importance économique particulière à la contrebande, qui avait déjà fourni en 2000 le thème d’un film à Bahman Ghobadi avec Un Temps pour l'ivresse des chevaux. Frontières brisées a été présenté entre autres au Festival de cinéma de Sofia en mars dernier, et au 7e festival de cinéma kurde de Londres en novembre 2011.

   Le juge Muhammad Moghise a accusé Karimi d'avoir «insulté les valeurs partagées» et fait la propagande des «relations illicites» ainsi que du «contact par le baiser». Karimi, qui a pu contacter par téléphone une télévision kurde irakienne et une agence de presse, a nié les accusations dont il fait l'objet: «J'ai fait un film sur le gouvernement, la situation sociale, les graffitis muraux et les ouvriers», a-t-il déclaré. Selon l'avocat de Karimi, Amir Raisyan, son client a été en fait condamné pour une scène de baiser entre un couple marié qui se trouvait dans le synopsis de son film, mais n'a finalement pas été tournée en raison du refus de l'actrice concernée. «On ne peut pas punir quelqu'un pour quelque chose qui ne s'est pas produit», a ajouté Raisyan. Mais la cour a aussi utilisé contre Karimi des scènes d'un de ses films précédents, un documentaire appelé Diwar (Mur), qui traite des graffitis urbains, pour l’accuser de propagande contre le système politique.

   Karimi a fait appel de sa condamnation et se trouve actuellement en liberté surveillée. Il est pessimiste quant au traitement de son appel par la cour. Il est vrai que le contexte est inquiétant: son arrestation semble faire partie d’une vague générale de répression contre intellectuels, artistes et journalistes. Ainsi quelques jours après le communiqué de Zinemaldia, le 22 novembre, le journaliste Irano-américain Jason Rezaian, qui travaillait pour le Washington Post depuis 2012, a été condamné pour espionnage à une peine de prison qui n’a pas été indiquée, après avoir été incarcéré durant 488 jours.

   A peu près au même moment que Karimi, les poètes iraniens Fatemah Ekhtesari et Mehdi Moussavi ont été condamnés respectivement à 11,5 ans et 9 ans de prison et à 99 coups de fouet chacun. Début novembre, le journaliste indépendant Isa Saharkhiz, ancien vice-ministre de l’information sous le président Khatami, a été arrêté chez lui et inculpé d’ «insulte au Leader Suprême, l’Ayatollah Ali Khamenei, et de propagande contre le régime». Ehsan Mazandarani, directeur du journal Farikhtegan, a également été arrêté.

   «Ma condamnation est un message envoyé à la communauté artistique iranienne, a déclaré Karimi, que rien n’a changé après l’accord sur le nucléaire».

   Il est fréquent en Iran qu’un prisonnier attende très longtemps son procès derrière les barreaux avant d’être condamné sans même pouvoir accéder au verdict. Ainsi un autre prisonnier politique kurde, Shahram Ahmadi, arrêté en avril 2009 à Sanandaj, capitale de la province du Kordestan, a passé presque trois ans en détention en attendant d’être jugé. Il n’a pu rencontrer un avocat que juste avant son procès, tenu en octobre 2012, et a été finalement condamné à mort en 5 mn pour «hostilité envers Dieu» (moharebeh). Son frère Bahram, alors âgé de 17 ans, arrêté quatre mois après lui et condamné à mort en même temps que neuf autres Kurdes d’Iran de religion sunnite, a quant à lui été exécuté le 27 décembre 2012. Shahram ayant fait appel, la Cour Suprême a annulé sa première condamnation et a renvoyé le cas devant… la 28e section du Tribunal révolutionnaire de Téhéran, qui l’a de nouveau condamné à mort. Sa seconde condamnation vient d’être confirmée mi-octobre par la Cour Suprême, sans même qu’il puisse obtenir une copie du verdict pour savoir exactement quelles sont les accusations portées contre lui. Accusé d’appartenir à un groupe salafiste, Shahram a en fait été arrêté au cours d’une vague d’interpellations de musulmans sunnites, majoritairement des Kurdes, qui s’est déroulée entre 2009 et 2010: arrêté sur le chemin de son domicile par les Gardiens de la Révolution, blessé par balle et tabassé avant d’être emmené à l’hôpital pour y être interrogé, Ahmadi dit avoir été régulièrement torturé pour le forcer à «avouer».

   Amnesty International a appelé à envoyer avant le 8 janvier des courriers demandant l’annulation de la sentence de mort de Shahram Ahmadi au Guide Suprême Ali Khamenei et au Ministre de la justice l’Ayatollah Sadegh Larijani.

 

N° 368 - Bulletin mensuel de liaison et d'information de l'Institut kurde de Paris

 

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